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PRESENTATION
L’objectif de ce mémoire est de définir la signification de la Maison Dom-ino (1914) de Le Corbusier, pour en préciser la potentialité dans la notion de structure et espace chez Le Corbusier. Pour aborder cette question et développer ce mémoire, nous établirons d’abord une hypothèse sur la relation entre la notion de structure et celle d’espace.
Il est presque certain que l’expression spatiale joue un rôle fondamental dans l’architecture moderne. Mais les interprétations des historiens et des critiques sur la question de l’espace sont variées comme si chaque point de vue était différent. C’est-à-dire que l’on admet l’existence de cette question mais on ne le sait pas encore totalement. Il est d’abord important de reconnaître que la notion d’espace est une invention des temps modernes. Parexemple, on ne peut pas affirmer que l’espace moderne est différent de l’espace classique, puisque c’est une conscience moderne qui voit des édifices classiques en tant qu’expression de l’espace. Il est donc nécessaire d’interroger les conditions sur lesquelles se fonde la notion d’espace.
Dans ce mémoire, nous établissons une hypothèse qui donne une condition de la notion d’espace : l’espace et la notion d’espace ont été découverts au moment où a été extraite la notion de structure des édifices. De cette extraction, l’espace même, substance immatérielle, devient l’objet de l’expression architecturale. Cette expression est conditionnée par l’autonomie de la structure, réelle et idéale, par rapport au corps du bâtiment. De la dissociation de la structure et de l’espace résultent la disparition de l’ornement et la naissance de plans autonomes. Par la disparition de l’ornement, les matériaux et la couleur deviennent ainsi l’objet de l’expression architecturale. Le premier chapitre sera consacré à la formulation de l’hypothèse en s’appuyant sur l’histoire des systèmes constructifs.
Dans ce mémoire, nous considérons la Maison Dom-ino comme un diagramme spatial qui ne l’était pas a priori mais qui a été retrouvé comme tel a posteriori et inductivement dans les réalisations et les projets des années 1920 de Le Corbusier. Cela signifie une mutation de la pensée de Charles-Edouard Jeanneret (jusqu’aux années 1910), à celle de Le Corbusier (à partir des année 1920). Par la compréhension de cette mutation, on pourrait expliquer le décalage entre l’idée (technique) et la réalisation (forme) de la Maison Dom-ino.
Dans le deuxième chapitre nous examinerons les conditions sur lesquelles se base la maison Dom-ino, afin de redéfinir sa signification et ses caractéristiques. Ces conditions permettront également d’examiner la rupture des idées de Jeanneret à Le Corbusier et leur cohérence.
Dans le troisième chapitre nous redéfinirons, avec ce décalage et à partir de la première hypothèse, la signification et les caractéristiques de la Maison Dom-ino des années 1910 et 20, et essaierons de retrouver les règles de la Maison Dom-ino. Quelle condition d’espace peut définir la Maison Dom-ino ? Que signifie la dissociation de la structure et de l’espace ? Quels possibilité et problème de l’expression architecturale génèrent cette dissociation ?
Si l’on examine la Maison Dom-ino comme manifestation de la notion de structure et d’espace des temps modernes, on peut par extension considérer l’idée de la Maison Dom-ino en tant que structure notionnelle — diagramme, pour penser les rapports entre structure et espace. Il s’agit de classer les types de structure et leurs rôles correspondants, surtout le rôle des poteaux et trame dans les oeuvres de Le Corbusier.
Au quatrième chapitre, nous essaierons de trouver quelques types de structure dans les oeuvres de Le Corbusier, comme lui-même a rétroactivement retrouvé « les cinq points de l’architecture moderne » dans la Maison Dom-ino.